Paroisse des Béatitudes

Capelle en Pévèle – Genech – Fretin – Péronne en Mélantois – Templeuve en Pévèle

3 avril 2020
de ktaxelle
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Défi caté pendant le Carême

Les enfants du caté se sont mobilisés pour apporter du réconfort aux personnes âgées à EHPAD des Tulipiers. Soit en leur envoyant un dessin, une petite carte, un poème, une prière, un petit mot personnel. Nombre de personnes âgées aimant prier le chapelet, sans avoir forcément cet objet à l’EHPAD, les enfants en ont aussi fabriqué un.

Voici quelques réalisations en photo:

3 avril 2020
de ktaxelle
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Prière pour ce vendredi 3 avril

Paroisse Ste Marie en Pévèle et Paroisse des Béatitudes.

Je vous suggère une méditation autour du psaume 50 qui est prié aux laudes tous les vendredis. C’est aussi une manière d’être en communion avec le monde.

Psaume : 50

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,
être juge et montrer ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute,
j’étais pécheur dès le sein de ma mère.

Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
dans le secret, tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ;
lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

Fais que j’entende les chants et la fête :
ils danseront, les os que tu broyais.
Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
et ma langue acclamera ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu,
   c’est un esprit brisé ; *
tu ne repousses pas, ô mon Dieu,
   un cœur brisé et broyé.

Accorde à Sion le bonheur,
relève les murs de Jérusalem.
Alors tu accepteras de justes sacrifices,
   oblations et holocaustes ; *
alors on offrira des taureaux sur ton autel.

Lire tranquillement cette prière biblique ; et même mieux la lire tout haut car la Parole doit aussi se « faire chair » ! Peut être la lire plusieurs fois.

Et si vous voulez la chanter : https://www.youtube.com/watch?v=7ecJMiKxAgE (version moderne) ou https://www.youtube.com/watch?v=wwK_BN1gyOY (version plus ancienne)

Repérer le début qui commence par un aveu… Si notre monde a un mal fou à reconnaitre ses erreurs, nous pouvons le faire à sa place dans notre prière ! Bien sûr le virus dévastateur n’est peut-être pas faute de l’homme, quoi que ; n’empêche on est tous dans la même galère ! Repérer les encouragements, les mots d’espérance que la foi juive de l’époque suggère et que la foi chrétienne reprend de tout son cœur…

Repérer à partir du milieu cette forte prière de demande à Dieu qui ne peut pas en rester là : « fais que j’entende les chants et la fête », « rends-moi la joie d’être sauvé »… Cette prière, nous la faisons nôtre aujourd’hui.

Et l’intention :

Seigneur, Toi qui as souffert dans ton corps et dans ton âme, viens en aide aux jeunes et aux enfants en détresse psychologique qui n’ont plus actuellement le soutien dont ils ont besoin, viens en aide aux adultes afin qu’ils trouvent les ressources pour ne pas déprimer, fortifie le corps de ceux dont les kinés ne peuvent plus s’occuper, protège nos familles et guide-nous.

Demain je vous donnerai des indications pour les rameaux et la semaine sainte. Père Bruno

2 avril 2020
de ktaxelle
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Prière du jeudi 2 avril

Prière du jeudi 2 avril…

Paroisses des Béatitudes et de Ste Marie

Depuis plusieurs jours je suis interpelé par les textes bibliques du jour, notamment l’évangile de St Jean où il est question d’être « fidèle à la Parole » ; de « demeurer dans la Parole » ; « que ma Parole pénètre en vous », « si quelqu’un garde ma Parole il ne verra jamais la mort »[1]… Mais qu’est-ce donc que cette Parole si importante pour St Jean ; et même si vitale pour nous ?

« Et tu demandes qui m’a touché ? »[2] Dans cette foule, Jésus sait que quelqu’un l’a touché. Dans nos « gestes barrières », impossible de nous toucher ! Mais pourquoi ne pas nous laisser toucher par la Parole de Jésus ? Il veut toucher chacun de nous par sa présence, par sa Parole. Une parole est forcément une présence même si c’est par l’intermédiaire d’un téléphone. Pour être touché par sa Parole, il faut que sa Parole nous touche et pas seulement au sens affectif. L’Ecriture Sainte est l’un des lieux privilégiés par lequel Dieu veut nous toucher, nous éduquer, se faire connaître et nous faire grandir.

« Toucher » : comme les contemporains de Jésus voulaient le toucher, le voir. Nous, nous n’avons plus cette proximité mais nous avons un trésor près de nous et c’est comme cela que Jésus veut que nous soyons touchés : « le semeur est sorti » Mt 13, 4 : il sème partout pour que tous les cœurs puissent être touchés, même dans les ronces ou sur les rochers.

Accepter que la Parole soit progressive parce que Dieu l’a décidé ainsi. Dieu ne se révèle pas d’un seul coup. Les Ecritures dévoilent et voilent à la fois. Elles dévoilent  parce qu’elles disent Dieu et font apparaître un visage de Dieu peu à peu. Elles voilent aussi parce que Dieu est d’abord Mystère et Altérité. Et une révélation trop abrupte nous laisserait sans voix, paralysés. Comme les Israélites au mont Sinaï : « Tout le peuple…eut peur et se tint à distance. Ils dirent à Moïse : ‘Parle-nous, toi, et nous t’écouterons ; mais que Dieu ne nous parle pas, car alors c’est la mort’ »[3] Ou encore les Apôtres à la Transfiguration: « Pierre… ne savait que répondre, car ils étaient saisis de frayeur »[4] Dieu adapte sa Révélation à nos forces et à nos capacités. Il est un Pédagogue, il est un Père.

Attention, il y a deux pièges : « Blasé » : croire qu’on connaît déjà un texte (comme s’il ne pouvait plus rien nous donner) et « déprimé » : penser qu’on n’est pas assez cultivé pour qu’il me donne son fruit. Non, la foi est une question d’amour et d’écoute, pas de diplôme ou de science.

Dieu est dans la Bible, comme dans le Buisson Ardent[5]. On ne le voit pas, on l’entend puisque c’est une Parole. On ne le sait pas, on ne  l’apprend pas mais on le croit : la foi de Marthe dimanche dernier[6] !

S’approcher de Dieu, c’est être rassasié dans son être et en même temps et heureusement rester sur sa faim. C’est dire que spirituellement nous ne sommes jamais comblés. Il y a toujours à découvrir, Dieu demeure toujours caché au fur et à mesure que pourtant il se révèle. C’est pourquoi « demeurer » dans sa Parole suppose une durée. Nous n’aurons rien de trop de toute la vie pour nous laisser toucher pas sa Parole. Marie Peut nos aider à méditer la Parole, surtout quand on ne comprend pas. Combien de fois a-t-elle médité en son cœur des paroles de Jésus ou événements incompréhensibles…

Prenons l’un ou l’autre passage biblique qu’on aime… restons quelques minutes avec. Même si on le connait par cœur, Jésus n’a pas fini de dévoiler ses secrets. Laissons-nous toucher par sa Parole.

Et pour nous laisser toucher par la parole : https://www.youtube.com/watch?v=aTu0Zw17i1k

Et notre intention du jour suggérée par Aline :

Aide-moi Seigneur quand mes yeux faits pour admirer Ta création et s’en émerveiller deviennent noirs de colère, du mépris et du rejet de l’autre, le pardon parfois est si difficile à donner. Mais Toi Seigneur Tu poses sur chacun de nous Ton regard de tendresse, Tu pardonnes nos manques d’amour, nos rancunes…. Aide nous Seigneur à nous réconcilier et à pardonner. Ô Toi Jésus nous Te supplions humblement


[1] Jn 8

[2] Mc 5, 25-34

[3] Ez 20, 18-19

[4] Mt 17, 5-6

[5] Ex 3

[6] Jn 11

1 avril 2020
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Prière du 1er avril

Prière 1° avril 2020 : le confinement est difficile pour tous !

Paroisse des Béatitudes, et Ste Marie

Le silence !

Le silence du début du monde. Le silence de la crèche avec un enfant, Parole de Dieu, qui ne parle pas encore. Le silence de la croix… Mais aussi le silence des fonds marins (en ce 1° avril !), silence de la nature. Le silence nous permet d’entendre notre monde intérieur, les Paroles de Jésus pour aujourd’hui, les paroles pour la vie. Le silence nous fait entrer en prière. Parfois il est perturbé par une voiture qui passe dans la rue, alors on pense : « j’ai oublié de faire la révision de ma voiture… » : C’est une distraction, une tentation, à renvoyer comme une balle de pingpong ! On peut aussi l’offrir dans la prière, car le silence est aussi un combat à vivre avec l’Esprit Saint. Un silence quotidien appelé aussi oraison, même si ce n’est pas très long, nous apaise. Le Seigneur nous travaille comme on bronze l’été sans nous en rendre compte. Le Seigneur est là non pas dans l’ouragan mais dans le silence ou la brise légère du printemps (1 Roi 19,11-15).

Je vous suggère un temps de silence…

et cette prière de Stéphanie[1] :

Au moment de sa naissance, si un bébé ne crie pas, son silence signifie qu’il ne respire pas. Après l’école, si un enfant ne sort pas en criant, c’est qu’il est préoccupé. A l’adolescence, si un jeune reste devant son écran sans rien dire toute la journée, c’est mauvais signe.

Et pourtant, si après une bonne tétée, le bébé s’endort repu, silencieux, il est aux anges ! Si l’enfant vous écoute médusé, silencieux, lui raconter une histoire, vous êtes aux anges ! Si l’adolescent ne dit rien en face des bénévoles qui secourent leur prochain, c’est qu’il prépare son propre engagement.

Le silence peut être signe de mort ou signe de vie.

Aujourd’hui, nos villes se taisent. Nos machines sont arrêtées, les moteurs sont silencieux. Les foules ne se réunissent plus pour chanter ni crier.

Seigneur, Tu me donnes le silence. Il m’oblige à regarder une autre réalité. Le temps se décompose. Je n’ai pas de rendez-vous. Je travaille seul(e), sans papoter avec les collègues, sans agressions téléphoniques. Je n’ai personne à qui parler, je suis seul(e) dans mon logement, je n’entends que le bruit de mes pas, du moteur du réfrigérateur, le tictac de la pendule. Cela me fait peur.

Et pourtant, le Pape François dit que pour T’entendre, Dieu, il faut d’abord me taire. Ce silence m’oblige à T’écouter. Tu es près de moi et je ne l’avais pas remarqué, étourdi(e) des autres bruits de la société. Je tends l’oreille. Tu habites le silence. Tu es dans mon cœur, là, tout près, et je ne le savais pas.

Seigneur, que ton Esprit m’aide à Te découvrir dans la brise toute silencieuse et à ne pas Te chercher dans le fracas du vent. Que ce silence que Tu m’offres m’aide à entendre le cri des hommes que je n’entends pas d’habitude. Transforme ce silence de mort en silence de vie.

Comme au jour de la Veillée pascale, fais briller le grand feu annonciateur de Ta résurrection après les ténèbres de la croix. Fais chanter toutes les cloches de Pâques après le silence de ton supplice. Seigneur, habite mon silence, il est si rare, aide-moi à T’y découvrir.

Et la prière d’Aline :

Malgré notre confinement prolongé, nous ne sommes isolés qu’en apparence.
L’église est fermée mais nos cœurs restent ouverts à ta parole, à ton amour.
Dans nos maisons, dans le secret de nos cœurs, prions les uns pour les autres et pour tous ceux qui se dévouent sans compter. Seigneur rends nous capables de sollicitude, de réconfort, d’entraide.
O  Seigneur notre prière monte vers toi


[1] La même Stéphanie de Péronne en Mélantois, qui nous a proposé des intentions pendant une semaine.

31 mars 2020
de ktaxelle
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Prière du jour : Angélus

Je vous propose aujourd’hui de regarder du côté de l’angélus. Cette sonnerie de cloches dans quelques uns de nos clochers encore, qui est une prière comme un bouquet de fleurs qui monte vers notre maman Marie ! Pour certain ça fait un peu vieille France. Et pourtant. 3 fois par jour[1] cette prière brève annoncée par nos clochers peut faire monter vers Marie tout ce que nous portons.

L’angélus c’est gouter la plénitude de Marie qui est en paix. S’adresser à quelqu’un qui est en paix, ça fait du bien ! Elle nous aide à demeurer dans la paix de Dieu.

Il existe des femmes genre panthère (des hommes aussi) : quand on sort d’un rendez-vous, on est prêt à partir en guerre ! Avec Marie c’est bien le contraire !

Dans l’Eglise, c’est pareil, il y en a qui trouvent que ça va trop vite, d’autres pas assez et pour d’autres pas du tout. Avec Marie on est apaisé. Dans ce que nous vivons en ce moment, il y en a qui ne vivent plus….

Quand on prie Marie, la paix arrive. On en a bien besoin dans notre climat de peur d’accueillir ou de transmettre un virus ! Alors laissons-nous apaiser par Marie dans la prière de l’angélus.

Je vous le mets dans la formule moderne :

L’ange du Seigneur apporta l’annone à  Marie                3 coups de cloches

            Et elle conçut du Saint Esprit                 Je vous salue Marie….

Je suis la servante du Seigneur                                     3 coups de cloches

            Qu’il me soit fait selon ta Parole             Je vous salue Marie…

Et le Verbe s’est fait chair                                             3 coups de cloches

            Et il a habité parmi nous.                       Je vous salue Marie

Prie pour nous Sainte Mère de Dieu

            Afin que nos soyons rendus dignes des promesses de Jésus Christ

Prions.                                                                        Volée de cloches

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange tu nous a fait connaitre le message de ton Fils bien aimé.  Conduis nous par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection. Par Jésus le Christ notre Seigneur.

AMEN.

Et si vous voulez le chanter sur un air que vous connaissez déjà un peu, avec de belles images :

et la prière d’Aline[2] :

Béni sois tu Seigneur pour les messagers de  paix, pour les porteurs d’espérance et de lumière. Béni sois tu pour les bâtisseurs d’humanité, pour les artisans du dialogue.
Apprends-nous Seigneur à devenir des hommes debout, vivants, en  marche vers toi et vers les autres ; O toi, Seigneur écoute nous.


[1] En principe à 6 heures, 12 h et 18 h mais souvent ça été un peu décalé : 7 h, 12 h et 19 h

[2] Stéphanie a passé le relais !

30 mars 2020
de ktaxelle
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Prière du lundi 30 mars

Etant donné que le début de cette semaine est assez rempli pour moi. Je ne suis pas en mesure de travailler quelque chose d’aussi fourni et personnel que précédemment.

Je vous invite cependant à vous unir (même si vous méditerez après) avec cette visioconférence de ce lundi matin avec Mgr Ulrich et une quarantaine de prêtres du diocèse pour envisager la semaine sainte. Comment vivre le triduum pascal en étant confiné ? Nous remettons cette réalité entre les mains du Seigneur.

Beaucoup de textes aussi beaux que profonds circulent. Je vous envoie celui-ci écrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux qui est à lui tout seul une belle intention de prière. Entre chaque paragraphe, on peut entonner un refrain à l’Esprit Saint (par exemple : « viens Esprit de Sainteté, viens Esprit de lumière, viens Esprit de feu viens nous embraser » ou « O Seigneur envoie ton Esprit qui renouvèle la face de la terre »). Père Bruno

Et tout s’est arrêté…
Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?
Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?
Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ?
Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?
Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?
Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ?
Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?
Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ?
Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?
Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

Après ?
Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.